Dimanche 26 on loue une voiture avec chauffeur que l’on partage avec Gonçalo. On quitte Yangshuo tôt le matin en direction des terrasses de Longji à 3h30 de route de là. On traverse des paysages superbes, des montagnes entières recouvertes uniquement de bambou où l’on découvre les habitations traditionnelles en bois (sortes de chalets chinois aux toits qui rebiquent), les enfants qui se baignent dans la rivière…
Notre chauffeur nous laisse au village de Ping’an d’où nous partons explorer le coin à pieds.
Nous grimpons jusqu’au point de vue des «Nine dragons», nous arrêtons pour un thé en chemin, et rejoignons ensuite le point de vue plus touristique des «seven stars». C’est d’une beauté grandiose, nous ne regrettons pas d’avoir fait tout ce chemin pour venir jusqu’ici.
Nous déjeunons un peu plus bas dans le village et retrouvons notre chauffeur qui nous conduit à Guilin où nous arrivons en fin de journée. Gonçalo prend l’avion pour d’autres horizons, nous prenons un train pour Shanghai. 19h de trajet nous attendent, le plus long voyage dans un même transport depuis le début du périple (notre record jusqu’à présent c’était les 18h de bus de Buenos Aires à Iguazu). On a choisi la classe «hard sleeper» – «couchettes dures», ça ressemble à ce qu’on avait en Inde, confort plutôt acceptable.
On arrive à Yangshuo vers 6h vendredi 24 matin. Il ne fait pas encore complètement jour mais on distingue déjà le relief si typique de cette région (un des plus beaux paysages de Chine), de nombreux pitons de pierre calcaire aux formes ciselées, envahis par la végétation subtropicale, jaillissent de terre en pleine ville, en campagne et surtout le long de la rivière Li. Ces paysages d’estampes traditionnelles ont suscité des milliers de poèmes calligraphiés et continuent de fasciner ses admirateurs venus de toute la Chine et du monde entier. La région de Guilin est d’ailleurs une des plus visitées du pays.
Nous nous installons à la bamboo guesthouse dans une chambre parfaite et confortable avec petit balcon. On se recouche quelques heures et on descend ensuite bruncher.
En début d’après-midi on part avec le couple d’israéliens en bus pour Yangdi, un petit village où on embarque ensemble sur un bateau en bambou. C’est parti pour 2h de navigation sur la rivière Li, le coup de cœur de notre séjour ici. On est entourés de pains de sucre tout le long de la balade, les points de vue changent constamment et on ne se lasse pas du spectacle. On se retrouve même à un moment face au paysage imprimé sur les billets de 20 yuans.
En chemin on visite un village où le temple semble s’être arrêté…
Retour à Yangshuo en bus local en fin de journée…
… on a juste le temps de se doucher, de dîner et on ressort pour le son et lumière «Impression, Sanjie Liu». Une heure de débauche de couleurs, de costumes, de lumières, de chants mélodieux… des morceaux de légendes racontées par 600 chanteurs, danseurs et figurants. C’est très pro, on a même droit à quelques effets spéciaux et ballets aquatiques très réussis. On se laisse prendre par la magie du spectacle, mais on regrettera finalement que ce soit si court… c’est qu’on a payé bien cher et on est restés sur notre faim!
Samedi matin, grâce mat’ bien méritée… On brunche à la guesthouse, on fait la connaissance de Gonçalo, un portugais bien sympa, on se balade en ville, on va voir la fameuse montagne percée de Moonhill…
… et on termine la journée par la pêche au cormorans. Traditionnelle et unique ici sur la rivière Li, cette technique de pêche s’exécute de nuit. Amusant.
On dîne avec Gonçalo en terrasse pour clore la journée.
Mardi 24 on relie Godatabela à Thulo Shyaphru. Dure journée. 6h de marche aussi difficiles en descente qu’en côte, on en prend plein les pattes, les ampoules se multiplient, c’est terrible. Nous sommes à notre 5e jour de marche et la fatigue commence à se faire ressentir. Mais une fois là haut, la fierté prend le dessus, on est ravis. Le village plein de charme offre une vue incroyable sur les montagnes environnantes, il y a des mini-boutiques et même des « cyber cafés », on sent qu’on se rapproche de la civilisation en douceur.
Après une bonne douche, Renzin nous montre la maison où il est né et nous emmène ensuite chez une amie pour checker nos mails autour d’un thé brûlant… il s’agit sans aucun doute de la connexion la plus insolite et la plus lente jamais rencontrée!
Le lendemain pour une fois on peut dormir un peu, on n’est pas trop pressés. En milieu de matinée on part explorer le village.
On passe d’abord devant l’école où les écoliers en uniformes réunis dans la cour chantent, c’est beau, c’est touchant… jusqu’au moment où une maîtresse se met à passer dans les rangs armés d’un bâton et commence à distribuer des coups sur les têtes des élèves. On est choqués, les népalais autorisent encore la violence à l’école, chose que l’on imaginait plus possible aujourd’hui.
On continue ensuite en direction de l’église catholique qui domine le village. D’ici la vue est chouette, on se pose là quelques temps et on papote…
Après être passés devant le stupa du village et y avoir accroché nos drapeaux de prières…
… on visite le monastère où le prêtre est en plein préparatifs pour une cérémonie funéraire, il fabrique des ornements avec une pâte faite de silicone et de beurre de yak.
Nous déjeunons et quittons enfin le village en début d’après-midi. Nous effectuons notre dernière marche du trek: redescente jusque Shyapru Besi (le village du départ) en moins de 2h. A l’arrivée, nos pieds sont définitivement HS… mais on est bien contents de nous, surtout qu’on se sent nettement mieux physiquement qu’il y a 6 jours (l’air de la montagne nous a requinqués, on a repris des forces malgré toute cette énergie dépensée).
On fête ça autour d’un apéro bière/pringles et d’une dernière fournée de momos (ces raviolis tibétaines dont on s’est gavés tout le long du trek).
Le lendemain on se lève super tôt, on prend le même bus qu’à l’aller pour rentrer à Katmandou. Bien sûr en connaissance de cause on croise les doigts pour arriver entiers à destination. Et on fait bien, car ce trajet ne s’avère pas beaucoup plus safe que le premier. On n’échappe pas à quelques jolies frayeurs… mais maintenant on a la technique: on serre les fesses et on ferme les yeux! A un moment on doit même se faire tirer par une pelleteuse pour grimper une côte bien raide et toute boueuse.
Bref c’est l’Aventure au sens extrême du terme, il faut croire que ce bus a décidément une réputation à tenir!
On arrive à la Yellow House à Katmandou en fin d’aprem, heureux de se retrouver ici, un peu comme à la maison.
JB et Ségo sont ici encore pour 4 jours et nous 6, on s’organise donc un ptit programme ensemble pour visiter et profiter de la ville.