Vendredi 29 juillet, on monte à bord du train #063 à 14h05 heure de Moscou (tous les trains sont indiqués à l’heure de Moscou) donc 19h05 heure d’Irkutsk (c’est mieux de le savoir à l’avance pour ne pas se planter).
On découvre alors la 3e classe… il s’agit en fait d’une sorte de dortoir de 54 lits par wagon, des séries de 4 couchettes séparées par de fines cloisons en face desquelles se trouvent 2 autres couchettes le long du couloir.
On n’a pu obtenir que 2 couchettes du haut dans une série de 4, ce qui est assez contraignant puisque nous n’avons pas accès à la petite table du bas pour nos repas et que l’on peut à peine s’asseoir par manque d’espace. On se demande comment on va supporter les 3 jours à venir, ça risque d’être dur au niveau confort.
C’est un peu le bazar, les russes parlent fort et picolent (ça c’est pas vraiment une surprise), la musique à fond les speakers, les wc ne sont pas aussi propres qu’en 2nd et ça sent pas le frais. Mwarf ça promet.
Bon en général c’est vrai que les premières impressions dans ce genre de situation sont toujours les pires… et effectivement les choses s’arrangent par la suite. L’avantage de la 3e classe c’est que les passagers changent assez souvent, ça tourne pas mal. Du coup si on aime pas nos voisins parce qu’ils sont dérangeants, il y a de fortes chances pour qu’ils soient vite remplacés (ce qui est moins probable en 2nd si on se retrouve dans une cabine avec des alcoolos bruyants et malodorants!). Et puis finalement nos voisins à nous s’avèrent être des gens sympas. Les premiers, un groupe de potes partis en vacances ensemble, nous laissent nous installer à la table pour le dîner et même s’ils enchaînent les verres de vodkas, qu’ils parlent fort et qu’ils ronflent, on tape un brin de causette avec eux et c’est assez cool. Ils descendent du train vers 3h la 1ere nuit. Les seconds, une mère et sa fille arrivées tôt le 1er matin, proposent carrément d’échanger une place du bas contre une place du haut, ce qui nous donne accès à la table autant qu’on veut, et ce jusque la fin de voyage puisqu’elles descendent aussi à Moscou (gros coup de bol!). C’est l’idéal surtout pour la journée, on est l’un au-dessus de l’autre, c’est ce qu’on aurait réservé si on avait eu le choix (si on avait pu s’y prendre plus tôt quoi).
La plupart du temps on bouquine, on mange, on regarde des séries, on mange, on bouquine…
Au bout de chaque wagon il y a un samovar, on a donc de l’eau chaude à volonté. On peut se préparer des nouilles et des purées instantanées, des thés/cafés, du porridge… et on s’en sert aussi pour rincer nos gamelles et nos tasses. On a apporté de la saucisse fumée, du fromage, des tomates, des mini concombres, des biscuits, des chips, des pommes, des snickers, de l’eau, etc… on ne manque de rien.
A côté de nous ça tricote, ça joue aux cartes, ça bouquine, ça se balade, ça discute…
De temps en temps on s’arrête dans une grande ville pour 20-30mn, on en profite alors pour sortir se dégourdir les jambes (c’est qu’on ne bouge pas tellement et que les digestions ne sont pas faciles), prendre l’air et acheter quelques p’tites choses à grignoter. C’est aussi souvent l’occasion de discuter avec nos voisins de wagon.
Les noms défilent… Krasnoiarsk – Tomsk – Novossibirsk – Omsk – Tioumen – Ekaterinbourg – Perm – Viatka – Nijni – Novgorod – Vladimir et Souzdal… Il y a un planning des arrêts affiché dans le couloir, plutôt pratique. Il se situe près de la cabine des provodnistas, ces femmes qui sont en charge du wagon. Elles font le ménage, ferment et ouvrent les wc, veillent à ce que tout le monde soit bien.
Pour les wc c’est la même règle que tous les trains que nous avons pris jusqu’à présent, ils sont fermés lorsqu’on est à l’arrêt, 15mn avant et 15mn après. Pas toujours facile de prévoir son coup parce qu’on s’arrête quand même assez souvent. Mais bon, grâce au planning on sait grosso modo quand l’attente risque d’être longue.
Bref, c’est une vraie petite vie qui s’organise dans ce train, et même si on trouve souvent les heures bien longues, c’est un expérience qui nous plaît.
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