7 hôtels dont 1 nuit en hôtel de sel et 1 en refuge
1 incident avec le Mal Aigu des Montagnes pour Jul
En vrac:
La Bolivie c’est un pays au charme atypique, terriblement captivant et qui plonge dans un autre monde. Dépaysement garanti!
Nous avons adoré ce pays et avons amèrement regretté de ne pas y avoir passé plus de temps, d’autant plus que la vie était vraiment pas chère. Frustrant donc. Le problème c’est que nous nous sommes plantés dans notre planning et qu’il aurait tout à fait été possible d’y rester bien 4-5 jours de plus… nous l’avons malheureusement réalisé que trop tard.
Gros coup de foudre pour nos 3 jours dans le Salar de Uyuni et le Sud Lipez!
Nous nous souviendrons de nos rencontres avec Jeanne & Rémy, Renata , Marcelo… et Johnny notre guide de la mine à Potosi.
Coups de cœur:
- Le Salar de Uyuni
- La Laguna Colorada dans le Sud Lipez
- La visite des mines de Potosi
- La vue sur le Huayna Potosi depuis Chacaltaya
- Les Salteñas du resto El Patio à Sucre
Coups de gueule:
- Nous nous en sommes énormément voulu lorsque nous avons réalisé que nous nous étions trompés dans nos dates et que nous aurions pu rester plus longtemps Bolivie… Coup de gueule contre nous-mêmes donc!
La Bolivie c’est un pays au charme atypique, terriblement captivant qui plonge dans un autre monde.
Il nous faut une journée de bus pour rejoindre Uyuni depuis Sucre. Nous y retrouvons Jeanne et Rémy avec qui nous faisons le tour des agences pour le lendemain. Après avoir dégoté un prix défiant toute concurrence, nous dînons tous les 4.
Mercredi matin c’est le Jour J, nous entamons la partie du voyage que nous attendons tous avec une énorme impatience, une des destinations qui nous fait le plus rêver : le Salar de Uyuni et le Sud Lipez.
Nous sommes 7 par 4X4 (+le chauffeur), nos bagages sont accrochés sur le toit, et petit bonus sympa : on peut brancher nos Ipods !
Premier arrêt à l’ancienne gare ferroviaire qui se trouve aujourd’hui à l’abandon. Digne d’un décor de cinéma, c’est assez drôle… même s’il y a beaucoup trop de monde sur le site.
Nous nous arrêtons ensuite au village de Colchani pour voir les mineurs travailler le sel, mais manque de bol il s’agit plus d’un attrape-touristes avec des stands d’artisanat et des « Museo » qui se trouvent être des boutiques où sont présentées des statues de sel. Rien ne nous explique le processus de raffinement. Dommage… Nous profitons du paysage environnant pour compenser!
Nous déjeunons ensuite en plein milieu du Salar, près d’un ancien hôtel de Sel. Le temps est radieux, pas un nuage à l’horizon, la luminosité est dingue et le désert magique. Début des photos qui font triper les touristes!
Nous continuons plus loin jusqu’à l’Isla del Pescado où nous grimpons jusqu’au sommet pour admirer la vue. L’île est recouverte de cactus géants et de pierres volcaniques, les couleurs sont sublimes, c’est unique !
Nous terminons la journée à l’hôtel de sel où nous allons passer la nuit. Un thé/café et des petits biscuits nous attendent. Les chambres sont complètement en sel, des murs aux lits, c’est assez basique mais franchement sympa. Nous nous éclairons à la bougie et à la lampe frontale, hormis entre 19h et 22h où les groupes électrogènes fonctionnent. Nous dînons un peu plus tard et passons la soirée avec Jeanne et rémy et 2 suisses Jeanine et David avec qui nous nous marrons bien.
La 2e journée du tour est d’autant plus riche en paysages que la première n’était consacrée qu’au Salar d’Uyuni. Début de journée avec quelques arrêts dont le plus marquant : la laguna Cañapa aux flamants roses où nous déjeunons.
L’après-midi nous enchaînons les lagunes où les flamants roses ont toujours la bonne idée de s’installer et nous nous arrêtons à l’Arbol de Piedra (L’Arbre de Pierre bien sûr!).
Enfin clou du spectacle : La Laguna Colorada. Véritable coup de cœur pour ce lieu empreint d’émotion. Difficile à décrire tant l’atmosphère, les matières, les couleurs, et la fascination provoquée sont remarquables. Les photos ne pourront jamais retranscrire la magie du lieu. La lagune devrait être asséchée d’ici seulement 20 ans, on se sent vraiment privilégiés de l’avoir vue !
Nous rejoignons enfin le refuge où nous devons passer la nuit à 4300m d’altitude. Pas d’électricité, nous sommes 7 par chambre, c’est très sommaire et manque de bol les wc sont à l’autre bout du refuge. N’ayant pour une fois pas prêté attention aux méfaits de l’altitude, Jul vit une nuit cauchemar, présentant les pires symptômes du mal aigu des montagnes. Cette nuit fera sans doute partie de nos plus mauvais souvenirs de voyage. Nous ne réaliserons que le lendemain matin qu’il s’agit d’un problème avec l’altitude et c’est avec la plus grande hâte que nous rejoignons San Pedro de Atacama au Chili pour retrouver l’oxygène qui manque à Jul. Les paysages traversés sont encore magnifiques, dommage qu’il ne puisse pas en profiter. Après un arrêt aux geysers, puis aux bains thermaux.
Nous traversons le désert de Dali et nous arrêtons à la laguna verde (qui n’est d’ailleurs pas encore verte car nous sommes trop tôt, la couche de glace n’est pas encore fondue et le turquoise de l’eau ne ressort pas comme nous l’avions vu sur les photos, dommage), dernière étape de notre tour, derniers moments en Bolivie.
Arrivés par bus de nuit de La Paz samedi matin vers 6h, nous préférons ne pas nous reposer pour visiter les mines dans la foulée. Le dimanche il n’y a aucun mineurs, c’est jour de repos. Alors sans perdre de temps nous avalons un ptit dej, enfilons nos tenues de parfaits petits mineurs (bottes, surpantalon, veste, casque et lampe sur batterie, sacs de toiles) et c’est parti !
Nous avons choisi la visite en espagnol et nous retrouvons à 3 avec un guide qui se prénomme Johnny et qui paraît assez taré au premier abord ! Il mastique une boulette énorme de feuilles de coca, a les yeux injectés et une dentition hors du commun. Nous ne comprenons pas tout ce qu’il raconte mais suivons sans mot dire. Il commence par nous arrêter au marché des mineurs pour leur acheter des « cadeaux obligatoires » : un paquet de feuilles de coca, des cigarettes et de l ’alcool à 96°, ainsi qu’une bouteille de jus de fruits que nous mettons dans nos sacs à dos.
Nous entrons dans la mine non sans appréhension… Nous passons par des endroits très humides, d’autres très étroits, mais aussi par des échelles et sur des tas de pierres instables. Bref c’est l’aventure, on hésite parfois à passer, c’est assez flippant ! L’air se fait de plus en plus rare à mesure que l’on s’enfonce dans ce labyrinthe façon gruyère suisse de la montagne. Des tas de petites particules volent dans l’air et sur les parois il y a de l’arsenic, rien que ça ! Cela n’a rien d’un parc d’attraction contrairement à ce que certains s’étaient imaginés, la visite est bien réelle.
Nous faisons quelques arrêts, le premier au pied de la statue « El Tio », dieu des mineurs (dérivé de « Dios » – l’abus de coca tuerait-il la prononciation ?) à qui il est coutume de faire des offrandes d’alcool, de feuilles de coca et de cigarettes. Puis plus profond nous aidons des mineurs à remonter des sceaux de minerais et leur offrons les fameux « cadeaux ». Ici on trouve de l’argent, du zinc, de l’étain et du plomb.
« El penis, Huuushh »
Extraction des minerais
Nous nous arrêtons enfin pour un débat politico moralisateur au sujet des conditions de vie des mineurs qui sont certes terribles. Le travail est inhumain, l’espérance de vie de 45 ans, ils restent en moyenne 24h dans la mine et ne se nourrissent que de feuilles de coca qui leur coupent l’appétit et les aident à tenir le cauchemar. Ils urinent sur leurs mains pour les laver puisqu’ils n’ont pas d’eau courante. Autant dire que le manque de reconnaissance et d’aide de l’Etat les révolte et on comprend mieux pourquoi de nombreuses grèves éclatent régulièrement dans la région.
Nous ressortons, heureux de retrouver de l’air et le soleil. On nous montre comment préparer et allumer de la dynamite et nous rentrons enfin à l’hôtel.
Nous passons l’après-midi dans le lobby de l’hôtel, Jul tente de réparer l’ordinateur, je bouquine et écris. Nous faisons la connaissance de Jeanne et Rémy, un couple de français en tour du monde avec qui nous sympathisons rapidement. Nous avons évidemment un paquet de choses à nous raconter entre tourdumondistes ! A priori nous les rejoindrons pour faire le Salar d’Uyuni ensemble.
Dimanche matin nous nous baladons dans Potosi dont l’atmosphère nous plait beaucoup avec ses jolies petites rues colorées en pente et son côté parfois insolite : nous entrons dans une église où se déroule une messe en comité restreint : un curé pour 2 personnes (très étrange !), nous croisons ensuite dans la rue des chiens en train de déchiqueter des oreilles de cochon d’au moins 30cm qui doivent certainement venir de la boucherie du coin, et nous tombons sur du street art local plutôt réussi.
Nous terminons par la visite de la Casa de la Monedad où nous voyons entre autres les anciennes presses en bois qui servaient à fabriquer les pièces d’argent à l’époque où Potosi était le haut lieu économique de la Bolivie grâce aux mines… assez impressionnant !
Pour l’info, nous avons oublié de préciser que Potosi se trouve à 4090m d’altitude, ce qui en fait la ville de plus de 100 000 habitants la plus haute au Monde ! Il fait donc doux la journée grâce au soleil, mais la nuit on se les pèle sévère. Précisons le petit luxe de notre hôtel : le chauffage dans la chambre, ouhouuuh !